Améliorer la santé : une question de méthode
novembre 2011
Ecrits par une économiste française dont la compétence est reconnue internationalement (Esther Duflo), voici deux petits livres que tout décideur politique et ses interlocuteurs devraient lire. Non que les sujets abordés les concernent tous directement : il y est question de développement des systèmes de santé, d’éducation et de financement dans les pays pauvres. Mais il y a beaucoup à y gagner en termes de méthode.
Celle-ci a un principe très simple et d’apparence banale : toute politique doit être évaluée en termes compréhensibles et acceptables par tous. Pour cela, il faut commencer par hiérarchiser les problèmes, puis énoncer des priorités d’action et les moyens envisagés. Quant à l’évaluation, elle doit reposer sur une méthode comparative inspirée des essais cliniques : introduire une variable aléatoire dans la mise en œuvre d’un programme. Par exemple, le nombre de tâches confiées à une infirmière dans un centre de santé.
La méthode a le grand avantage de tester les idées reçues et de laisser place à l’imagination. Ainsi, la délivrance de moustiquaires antipaludéens peut elle s’avérer comme un excellent moyen pour promouvoir la vaccination contre la rougeole : l’efficacité d’une mesure sert de cheval de Troie pour introduire l’autre.
Mais il est vrai qu’il faut accepter « tâtonnements, créativité et patience (…) indispensables non pour trouver une baguette magique qui n’existe pas, mais pour mettre en place une série de petites avancée qui, dès aujourd’hui amélioreront la vie des plus pauvres. » La leçon est également valable pour la vie des plus favorisés, les habitants des pays riches.
Esther Duflo. Le développement humain. La politique de l’autonomie. Tous les deux chez La République des idées, Seuil, 2010. 105 pages, 11,50 euros chaque.
Voir sur le site du Collège de France la page sur la
chaire "Savoirs contre pauvreté"
que dirige Esther Duflo.
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