Amiante : l’Afsset prudente, la Commission européenne irresponsable
mars 2009
L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail a rendu les conclusions du rapport d’expertise qui lui avait été demandé en 2005. Après 3 ans de travail, elle en conclut que « les fibres fines ont un effet cancérogène significatif. Pour les fibres courtes, rien ne permet d’écarter un effet cancérogène, même si les données sanitaires actuelles présentent de nombreuses limites d’interprétation.
Cependant, ces fibres courtes prédominent très largement dans les lieux où les matériaux amiantés se dégradent et ne peuvent être ignorées. »
En conséquence, elle recommande d’abaisser la valeur limite d’exposition pour les professionnels et d’ajouter les fibres fines au comptage des poussières d’amiante ; d’abaisser la valeur limite déclenchant des travaux de désamiantage dans les bâtiments ; d’étendre la réglementation à des situations qu’elle ne couvre pas actuellement (dégradation des fibres courtes, la réglementation actuelle ne portant que sur les fibres longues).
La Commission européenne, elle, inscrit l’amiante dans les processus de dérogation au Règlement européen Reach, alors que l’amiante est officiellement interdite en Europe depuis 2005. Elle ne fixe aucune date limite malgré l’opposition de nombreux pays dont la France. Le seul espoir est que le Parlement européen demande à la commission de revoir son texte.
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