Cancer : Le bénéfice d’un dépistage généralisé n’est jamais évident
septembre 2009
Lu dans la
newsletter 360 du 19 juillet 2009 d'Annuaire Sécu
:
" Le dépistage généralisé du cancer du sein est-il efficace ? Selon une étude danoise publiée le 10 juillet dans le British Medical Journal (BMJ), ce type de dépistage organisé conduirait à surdiagnostiquer un cancer sur trois. Le professeur William Dab, ancien directeur général de la santé, décrypte les résultats de cette recherche dans Le Monde (13-07). "Cette étude est salutaire parce qu’elle met le doigt sur une notion fondamentale : le bénéfice d’un dépistage généralisé n’est jamais évident", estime l’épidémiologiste. Et d’ajouter que "les programmes de dépistage de grande ampleur nécessitent un niveau scientifique de preuve très fort. Pour le cancer du sein, il a fallu du temps et beaucoup d’études pour savoir qu’un dépistage généralisé faisait plus de bien que de mal. On embête peut-être des femmes mais au total on sauve des vies. Il en est de même pour le cancer colorectal et pour le cancer du col utérin. Pour tous les autres (prostate, poumon), le dépistage génère du chiffre d’affaires, mais il n’y a pas de preuve d’une amélioration de la santé publique".
Si "le niveau de preuve de l’intérêt du dépistage généralisé du cancer de la prostate n’est pas suffisant" pour le professeur Dab, ce type de cancer devrait, en 2008, rester largement en tête chez l’homme avec 66 000 nouveaux cas attendus en France, selon des projections publiées le 10 juillet par l’Institut de veille sanitaire (InVS). Pour le sexe féminin, la palme revient toujours aux tumeurs du sein, avec 51 000 cas prévus en 2008. "Il ne s’agit encore que d’estimations, issues d’une modélisation statistique. Les données définitives ne sont connues qu’avec trois ou quatre ans de décalage", précise le Dr Juliette Bloch, de l’InVS, dans Le Figaro. Le principal intérêt de ces projections est de pouvoir planifier l’offre de soins, explique le médecin. Au total, selon ces nouvelles révisions, près de 353 000 Français se sont vus découvrir une tumeur maligne en 2008, alors que le nombre de nouveaux cas était évaluée à 319 500 en 2005. Quant aux décès par cancers, ils ont dû s’élever à 145 500 en 2008, soit 1 000 de moins qu’en 2005."
Dépistage des cancers du sein et surdiagnostic - Institut National du Cancer 13-0-09
|