Défense et illustration des ostéopathes
février 2009
Je ne résiste pas au plaisir de vous donner de nombreux extraits de l’argumentation développée par Léon Truculus contre la création d’un Conseil de l’Ordre des ostéopathes, sur le site Kineskud, au titre évocateur de quelques autres débats en santé :
Ostéopathie, contre-pets et dernières flatulences
. Mais allez y faire un tour vous-même, ne serait-ce que pour voir les images.
" La règle n’engendre pas la vertu, mais des démerdards à la petite semaine.
J’ai fait mes études d’ostéopathe, plutôt longues, avec des toubibs, des kinésithérapeutes, des infirmiers, des arracheurs de dents, et même de simples bacheliers qui observaient les fossiles de trente ans que nous étions alors en se poilant. TOUS, sans exception, ont répondu en fin de cursus aux critères ultra-sélectifs de cette science nouvelle, aux techniques marginales et particulièrement spécifiques, qu’est l’ostéopathie. Savoir soigner une carie n’a jamais prédisposé à ressentir un mouvement respiratoire primaire. Pour beaucoup d’entre nous, au contraire, un diplôme médical préalable, à la pensée unique et stéréotypée, fut un profond handicap de départ pour nos mains et nos réflexes de thérapeutes peu habitués à se remettre en question et à s’affranchir du carcan rhétorique et pragmatique, pour ne pas dire conformiste, d’une médecine plus que labellisée.
Si, en début de formation, la disparité des connaissances médicales était patente entre un BAC G et un généraliste, je peux vous assurer qu’après six ans, entre leurs mains expertes de professionnels formatés à l’ostéopathie, vous ne saviez plus dire qui est qui et qui vient de quoi…
Demander à un ostéopathe d’avoir un pré-cursus médical est aussi abscons que d’exiger d’un chaudronnier-tôlier de passer un diplôme de chef d’orchestre en préambule à sa formation technique.
Répondre à des critères de formation commune - et que les uns cessent une fois pour toutes de se prévaloir d’une légitimité plus « historique » que d’autres. Un toubib, au-delà de sa connaissance médicamenteuse incontestable et incontestée, s’il ne se forme qu’en quelques w.e. à la Baule sera bien plus délétère sur une manipulation vertébrale qu’une femme de ménage slovaque ayant poursuivit une formation de six ans.
L’ostéopathie doit devenir un métier à part entière, que les uns et les autres pratiqueront en sus, au dépend, en annexe ou en dehors du cadre de toute formation initiale ou prétendue telle.
La réalité, c’est que le kinésithérapeute à une pétoche noire de se voir chouraver par de plus compétents que lui sa part du fromage - remarquez, il a raison de se méfier car ce serait loin d’être la première fois… Mais c’est bien fait pour lui, il n’a qu’à coloniser, investir, développer, plutôt que de beugler de l’arrière-salle en s’ouvrant ses bières au comptoir…
Le discours un tantinet démago. qui se colporte çà et là dans les écoles, relatant que la « belle et grande ostéopathie » serait le fait unique du vierge bachelier non-corrompu - et dans sa main et dans ses adoubements à une autre philosophie médicale - est une allégation mal intentionnée et hautement polarisée qui, si elle peut encore se défendre au forceps lors de la toute première année de formation, devient fortement suspecte six ans plus tard.
s’il vous faut vraiment un bouc-émissaire à l’enlisement très franco-français du dossier de l’ostéopathie, allez donc reluquer vers celui dont vous osez à peine murmurer le nom du bout des lèvres ; le toubib. Car lui seul, légitimement épuisé par huit longues années d’études initiales, rechigne à six ans supplémentaires et, à quelques consciences éclairées près, fait un pressing considérable - quelque part compréhensible mais ô combien erroné - vers une ostéopathie bradée sous une forme ou une autre de C.E.S., ou pas même, à la petite semaine.
Ce que tout le monde sait - cette science délicate - ne pouvoir s’acquérir qu’en de longues années de pratique, le médecin fait mine, se parant tel le paon de sa galerie de diplômes, de ne pas le savoir.
Nous le savons tous mais nous le taisons pieusement : combien de ces généralistes, de ces « médecins du sport », se flattant d’une vague « sensibilisation » à l’ostéopathie, manipulent en toute incompétence, en toute dangerosité, sans jamais être inquiétés le moins du monde ? "