Démographie médicale : les données 2008 de l’Ordre des médecins
septembre 2008
Le Conseil national de l’Ordre des médecins a présenté son deuxième atlas annuel de démographie médicale, réalisé à partir de ses données. Elles confirment les conclusions des études antérieures, notamment celles de la DREES :
accélération des disparités régionales, de la région PACA, pour la première fois plus attractive que l’Ile de France, à la Picardie dont la densité médicale est égale à la moyenne des années 1970 ;
féminisation de la profession : pour la première fois 54% des médecins en activité sont des femmes ;
attractivité croissante de l’exercice salarié au détriment de l’exercice libéral exclusif (66% contre 10% des nouveaux inscrits) ;
supériorité du nombre de départs à la retraite sur le nombre d’arrivées en exercice (le nombre des médecins en activité a augmenté en France métropolitaine de 1,2% et le nombre de médecins retraités de 3,4%) ;
accentuation des spécialités en crise
Les chiffres de l’Ordre apportent plusieurs précisions intéressantes :
le nombre des médecins remplaçants " est en augmentation exponentielle ces deux dernières années, avec parmi eux 72% de médecins généralistes et une majorité de femmes " ;
les 8,6% de médecins retraités qui ont gardé une activité sont concentrés autour de la Méditerranée et dans la région Ile de France ; ils ne représentent donc certainement pas la solution au problème de la répartition des médecins ;
les nouveaux inscrits au Tableau de l’Ordre "ne s’installent pas dans les zones dites désertifiées mais dans les grandes villes et à proximité des Centres Hospitalo-universitaires, en dépit de l’octroi d’aides à l’installation."
Dans son texte introductif à l’atlas, le Dr Irène Kahn-Bensaude, Présidente de la Section Santé publique de l’Ordre, commente ces données ainsi : " D’ici quelques années, il n’y aura plus que des femmes généralistes remplaçantes… (...) Il est flagrant que les mesures incitatives, dont l’évaluation n’a pas été faite officiellement, ne portent pas leurs fruits. Avant de lancer des mesures désincitatives ou coercitives, ne pourrait on pas essayer de laisser faire de la médecine de soins à certains médecins salariés et ne pourrait on pas, enfin, trouver les moyens financiers pour faire connaître la médecine générale aux jeunes, les décharger d’un nombre incroyable de tâches administratives et leur donner la possibilité de faire des stages sur le terrain, sans parler de l’aménagement du territoire."