Déremboursement des mucolytiques et des expectorants : impact sur la prescription des généralistes
janvier 2008
L'IRDES
publie dans le numéro 128 de Questions d’Économie de la santé (décembre 2007) le résumé d’une étude sur le " déremboursement des mucolytiques et des expectorants : quel impact sur la prescription des généralistes ? " Extraits :

" La nécessité de contrôler les dépenses de médicaments tout en maintenant la qualité des soins a incité les pouvoirs publics à dérembourser les médicaments les moins efficaces au regard du progrès thérapeutique. À cet effet, la commission de transparence a réévalué entre 1999 et 2001 le service médical rendu de l’ensemble des médicaments ambulatoires remboursables, ce qui a conduit au 1er mars 2006 au déremboursement de 152 spécialités pharmaceutiques, en particulier des mucolytiques et des expectorants. Ces médicaments, fluidifiants des sécrétions bronchiques ou facilitant leur expectoration, étaient largement utilisés dans le traitement des infections des voies aériennes supérieures et inférieures, notamment chez les enfants et les personnes âgées.
Les médecins généralistes ont baissé de moitié la prescription de (ces médicaments) (quels que soient l’âge et le sexe des patients). De ce point de vue, la mesure peut être considérée comme efficace. Il s’avère toutefois que les médecins ont reporté, selon le diagnostic, leur prescription vers d’autres classes thérapeutiques comme les antitussifs ou les bronchodilatateurs, certains anti-inflammatoires non stéroïdiens, les corticoïdes et les produits otologiques, la justification médicale de ce report n’étant pas toujours facile à établir."
Le document donne quelques exemples, dont celui-ci : " Le report vers les
antitussifs est surprenant car les indications de ces derniers sont inverses de celles des expectorants : les antitussifs s’adressent en effet aux toux non productives (toux sèches) alors que les expectorants sont destinés aux toux
productives (toux avec sécrétion bronchique)."
Il poursuit : " En termes économiques, le prix des mucolytiques et des expectorants étant peu élevé, la mesure n’a pas de répercussion sur le coût de l’ordonnance qui reste stable malgré les reports et l’augmentation tendancielle de la prescription des autres classes de médicaments.
Cependant, cette analyse ne tient pas compte des éventuelles dépenses liées à une automédication ou au conseil des pharmaciens. Elle sous-estime donc sans doute le coût pour le patient, d’autant plus que, du fait de leur déremboursement, le prix de ces médicaments est devenu entièrement libre et a augmenté. En effet, selon une étude de la Mutualité française (2007), le prix moyen des médicaments déremboursés, toutes classes confondues, a augmenté de 36 % et celui de l’automédication de 33 %."