Des essais cliniques indépendants des labos, mais pas de la bureaucracie
mai 2010

En France, nombreux sont ceux qui réclament la création d’une structure équivalente au National Cancer Institute (Institut national pour le Cancer), une agence américaine publique dont une des missions est de conduire des essais cliniques indépendants des firmes pharmaceutiques. C’est particulièrement utile pour comparer des traitements commercialisés par des entreprises concurrentes, études que celles-ci rechignent à faire. L’Académie des sciences américaine vient de publier un travail qui montre que plus de 40 % des essais engagés ne sont jamais terminés ! En cause, les procédures bureaucratiques, qui peuvent retarder de deux ans et demi la mise en route d’un essai, ce qui retarde d’autant la publication de résultats qui perdent alors souvent de leur intérêt. Ce sont les efforts de plus de 25 000 patients, 14 000 investigateurs et 3 100 institutions qui sont ainsi gâchés et découragés.
La direction de l’Institut a proposé plusieurs mesures pour remédier à cette situation : diminuer le nombre de comités décideurs, de groupes d’analyse et de suivi ; augmenter la dotation financière aux essais ; encourager l’implication des chercheurs dans ces essais ; imposer un calendrier adapté à la conduite de chaque essai ; donner la priorité aux essais les plus prometteurs. Ces mesures apparaissent suffisament cruciales à l’Institut pour que sa direction envisage de transférer des ressources financières depuis d’autres centres de recherche : 11 millions d’Américains vivent avec un cancer, celui-ci est découvert chaque année chez 1,5 millions d’entre eux, le coût de la maladie est supérieur à 100 milliards de dollards par an. Il y a tout intérêt à ce que les traitements soient évalués de manière fiable et rapide.
Photos : Inde du sud, 2008 © serge cannasse
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Gallery : Carnets de santé-juin 2010
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