En avoir ou pas
juin 2007
Dans Libération du 5 juin, un interview de Corinne Maie, auteure de " No kid. Ou quarante raisons de ne pas avoir d’enfant, cet « empêcheur de jouir » (ou de désespérer si vous en avez déjà)." Extraits : " Depuis cinq, dix ans, on subit un discours dominant et pathos sur la joie de la maternité. (...) Si on ne le tient pas, on est nihiliste, monstrueux. (...) On fabrique des « baby losers » qui ne vont servir qu’à s’insérer pour avoir un boulot... s’ils en ont un. (...) Il y a une dégoulinade de propos psy pour soi-disant épanouir un enfant qui sont autant de trahisons de la psychanalyse. "
A rapprocher d’un article paru dans le Figaro du 7 juin : " Une Française sur dix n’aura pas d’enfant au terme de sa vie. Pour certaines, ce n’est pas un vrai choix. Elles estiment ne pas avoir trouvé le bon compagnon, ont laissé le temps filer ou vivent au sein d’un couple infertile et n’ont pas pu ou voulu adopter. Les femmes qui décident de ne pas devenir mère seraient donc très peu nombreuses. (...) « Être femme sans être mère, c’est possible », plaide Édith Vallée. Pour le prouver, cette psychologue engagée dans le mouvement féministe a recueilli dans les années 1970 puis 2000 les témoignages de femmes qui, comme elle, ont décidé de ne pas enfanter. Elle les a réunis dans un livre, Pas d’enfant, dit-elle (Éd. Imago). « Aujourd’hui, ce choix est toujours mal vu », regrette Édith Vallée. (...)
Les psychiatres s’accordent à reconnaître que le sentiment maternel n’est pas inné. Il se développerait chez chaque femme en fonction de sa propre histoire familiale. « Les femmes sans enfants sont généralement assez diplômées, note Arnaud Régnier-Loilier, chercheur à l’Institut national d’études démographiques . Le désir d’enfant s’impose plus vite pour les femmes qui peinent à s’inscrire sur le marché du travail. La maternité leur permet d’acquérir un statut, celui de mère de famille."
A propos du livre de Corinne Maier, le Figaro du même jour : " « Le thème de mon livre, traité sur un mode plus sérieux, n’intéresserait pas les gens. J’ai commencé par écrire des livres sérieux : ils se vendaient à une centaine d’exemplaires », concède au Figaro Corinne Maier, qui dit tenir à distance ses propres sentiments maternels."