États-Unis : les patrons, futurs acteurs de prévention ?
mai 2009
A l’initiative de deux représentants démocrates, appuyés activement par deux représentants républicains, le Congrès américain travaille sur des mesures financières d’incitation à la prévention santé par les employeurs. Les programmes encouragés, validés par la FDA (Food and Drug Administration, l’équivalent de la réunion de nos HAS, AFSSA et AFSSAPS), porteraient sur la surveillance de la tension artérielle, la lutte contre l’obésité, la prévention du diabète, de la dépression, et de diverses autres maladies chroniques, en promouvant notamment l’arrêt du tabac, l’activité physique, une alimentation saine. Installer un club de gymnastique pourrait ainsi donner lieu à des réductions fiscales.
Les salariés eux-mêmes pourraient bénéficier de gains monétaires en échange de leur participation aux programmes. Très curieusement pour un observateur français, les patrons américains semblent bien plus favorables à ces mesures que certains parlementaires, qui invoquent un risque de discrimination entre les salariés : la rémunération doit récompenser le travail fait et non pénaliser les habitudes de certains travailleurs, même si elles sont préjudiciables à leur santé. Les experts en éthique du NIH (National Institute of Health) font remarquer que certains comportements sont dommageables pour l’ensemble du groupe de travail et qu’il n’est pas injuste qu’ils puissent être pénalisés.
Mais au fait, pourquoi les patrons américains sont ils favorables à cette mesure ? tout simplement parce qu’un employé en bonne santé et content de constater que son entreprise s’occupe de celle-ci est moins souvent absent et travaille mieux. L’implication active des entreprises ayant suivi ce raisonnement a d’ailleurs été une des raisons du succès des programmes mis en place aux Etats-Unis contre les TMS (troubles musculo-squelettiques).
Robert Pear. Congress plans incentives for healthy Habits.
New York Times. 9 mai 2009
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