Éthique, observance et gouvernance de l’entreprise
février 2008
Un point de vue de François Ewald (professeur au Conservatoire national des arts et métiers, président du Conseil scientifique et d’évaluation de la Fondation pour l’innovation politique) dans les Echos du 5 février 2008 (extraits) :
" L’isolement d’un risque éthique, face auquel l’entreprise doit s’organiser, témoigne que la dimension de l’éthique est désormais perçue comme une composante à part entière de la valeur économique (et pas seulement une manière de la rendre acceptable).
Lorsqu’un établissement financier introduit la conformité dans sa gouvernance, il ne cherche pas le seul conformisme de ses collaborateurs. Dans une gouvernance à la conformité, il y a bien la dimension d’un respect scrupuleux des procédures, mais surtout un enjeu d’identité. (...) Il s’agit de faire en sorte, par l’intolérance sur la règle, que chacun, chaque collaborateur, ait la conscience d’agir pour le bien commun, que le bien commun dépend de sa rectitude. On veut des hommes droits, intransigeants avec eux-mêmes.
On se demandera comment une culture de l’entreprise basée sur de telles exigences et de tels scrupules peut être compatible avec le souci que ses collaborateurs soient des sujets libres, responsables, ouverts et prenant des initiatives.
L’exigence de conformité d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler celui qui préside au rapport du moine à la règle de son observance. Observance, voilà bien un mot français qui pourrait exprimer l’intraduisible « compliance »." (dans le texte, "compliance" est traduit par "conformité" ; le mot se réfère à l’idée d’un "risque éthique" de l’entreprise par manquement de conformité de ses collaborateurs à ses règles et procédures).
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