Évaluer votre médecin ?
février 2008
Quelle est la valeur de votre médecin ? En France, la question est résolue par la confiance ou par le bouche à oreille. Cela ne suffit pas du tout au Procureur Général de New-York, Andrew Cuomo. Mais il est vrai que les deux pays diffèrent considérablement. Aux Etats-Unis, l’évaluation des médecins est faite par les compagnies d’assurance, parce qu’elles y ont un intérêt direct. L’expression des résultats n’en est pas moins curieuse : chaque médecin se voit attribué un certain nombre d’étoiles, comme pour un film ou un restaurant, note l’éditorialiste du New-York Times qui rapporte les faits.
Plus inquiétant, l’enquête menée par l’équipe d’Andrew Cuomo montre que le critère effectif de bonne note est le coût : moins le médecin est cher, meilleur il est ! Le Procureur a donc proposé un accord aux compagnies, que les associations de consommateurs (vous avez bien lu) et l’Association médicale américaine (qui édite le prestigieux JAMA) ont approuvé : la note finale doit intégrer le respect des recommandations et des bonnes pratiques et, si elle utilise le coût des actes, elle doit préciser pour quelle part ce facteur entre dans l’appréciation finale.
Il y a quand même un problème : un médecin ayant des accords avec différentes compagnies peut très facilement obtenir des notes très variées de la part de chacune ces compagnies. Aussi l’éditorialiste du New-York Times plaide pour que les résultats des évaluation soient confiés à un organisme indépendant, chargé d’attribuer la note finale. Il va même plus loin : l’usager de soins devrait pouvoir savoir si son médecin a reçu des sanctions de la part de son organisation professionnelle ou de la compagnie avec laquelle il travaille. Et bien entendu, toutes ces informations devraient être disponibles sur internet.
L’éditorialiste fait le pari que cela devrait donner des idées à pas mal d’autres États américains que celui de New-York.
Rating your doctor, fairly. New-York Times. Editorial. 8 décembre 2007.
Article paru dans la Revue du Praticien médecine générale du 12 février 2008 (tome 22, numéro 795)
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