Homoparentalité : une réponse à Sylviane Agacinsky
juillet 2007
Celle de Martine Gross (IR en Sciences Sociales-CNRS) et Gilles Bon-Maury (président d’Homosexualités et Socialisme) dans le Monde du 9 juillet 2007. extraits :
" Le terme "homoparentalité" a été forgé pour rendre visible une diversité de configurations familiales dans lesquelles au moins un adulte homosexuel est le parent d’au moins un enfant.
C’est un "mot valise" puisqu’il désigne ainsi tant les situations où les enfants sont nés d’un cadre hétérosexuel antérieur que les situations où ils ont été conçus ou adoptés dans un cadre homosexuel.
(...)
L’INED évalue à quelques dizaines de milliers les enfants élevés en France au sein d’un foyer constitué de concubins de même sexe, tandis que l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL) évalue à quelques centaines de milliers le nombre d’enfants concernés par l’homosexualité d’un parent. On est loin d’une fiction. (...)
La frontière entre l’homme et la femme n’est ni figée, ni fermée. (...) Universalité, évidence. Nous voilà revenus à la transcendance des invariants anthropologiques et autres butoirs de la pensée. Faute de pouvoir invoquer les textes sacrés, les politiques avaient convié des anthropologues au moment des débats sur le PaCS. (...)
Dans cette conception qui confond sexualité et procréation, filiation et reproduction, les parents ne seraient que ceux dont la sexualité est potentiellement procréatrice.
Une autre conception, plus laïque, davantage fondée sur l’engagement parental que sur le primat du biologique, permettrait de distinguer l’engendrement de la filiation.(...)
En distinguant entre les uns et les autres, en accordant plus de droits aux uns qu’aux autres, la République ne se donne pas les moyens de disqualifier les violences, directes ou indirectes, qui menacent les lesbiennes, les gays, les bi et les trans."