Hôpital 2012 : grandeur et décadence
mai 2009
Dans la
Lettre d'information numéro 348 du 23/04/09 d'Annuaire Sécu
:
Annoncé en 2007 à grands renforts de publicité et destiné à mettre les investissements hospitaliers en France à hauteur des autres pays européens, le grand plan « Hôpital 2012 » est aujourd’hui bien mal en point. C’est du moins ce que semblent avoir retenu les journalistes lors d’un récent point de presse organisé par LESISS. Avec toutefois un fait nouveau : si l’an dernier à cette époque un article des Echos évoquait la colère des seuls industriels (voir ma Lettre n° 298), la revue Décision santé note dans son édition du 17 avril que l’émoi a cette fois gagné les donneurs d’ordres hospitaliers.
Détaillant les conditions qui ont conduit à l’enlisement du grand plan, les auteurs de la série d’articles de ce dossier soulignent les maux classiques des grands projets dans le domaine des TIC de santé. Insensibles à la sophistication des arguments de la DHOS, en charge de la réalisation du programme, les rédacteurs pointent tour à tour le saupoudrage des fonds, l’absence de gouvernance claire et l’approche technocratique des enjeux, ou encore le concept "fumeux" de mutualisation. Evoquant pour finir le risque de voir les fonds d’Hôpital 2012 recyclés pour "renflouer les comptes d’exploitation" des établissements, les auteurs rappellent que cette hypothèse plomberait encore plus un "marché des SIH atone".
Au final, ce grand projet d’investissements non réalisés aura été contre-productif et il est à craindre qu’il creusera davantage encore le retard français. Pour autant, le représentant des industriels spécialisés estime que "l’heure n’est plus à la recherche des responsabilités concernant la déshérence d’un projet pourtant prometteur". Il précise au contraire qu’il faut "rapidement et collégialement rechercher les solutions qui vont permettre de relancer le marché des systèmes d’information hospitaliers", rappelant qu’au final la dangereuse spirale du retard dans les SIH se fera avant tout au détriment des patients.
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dossier
Lesiss
Changement de ton dans la
Lettre d'information numéro 350 du 9/05/09 d'Annuaire Sécu
: Le plan Hôpital 2012 a la banane !
Dans un récent dossier sur le volet « système d’information » du plan Hôpital 2012, la revue Décision Santé en étrillait la gestion par les tutelles, industriels et donneurs d’ordres exprimant symétriquement leurs graves préoccupations. Changement de ton ce mercredi 6 mai. Balayant ces réserves d’un revers de communication en Conseil des ministres, Roselyne Bachelot, faisant un rapide bilan de la première tranche du plan "Hôpital 2012", a rappelé que ce programme de soutien à l’investissement hospitalier représentant près de 10 milliards d’euros d’investissements sur la période 2008-2012 s’inscrit "dans une logique d’amélioration de la performance globale des établissements de santé", estimant qu’il "est aujourd’hui bien engagé".
Selon la ministre, qui fournit des chiffres dont la précision impressionne, la totalité de la première des deux tranches du plan aura été répartie d’ici la fin du mois de juillet, permettant aux établissements de santé de réaliser près de 5 milliards d’euros d’investissements. 281 opérations ont été validées à ce jour dont 145 (60 %) ont reçu "un commencement d’exécution". L’essentiel des projets retenus en terme de masse financière sont des projets immobiliers (plus de 2,5 Mds), mais les projets de système d’information ne sont pas en reste avec un total de 155 opérations retenues pour un montant de 220 millions. Près de 450 dossiers représentant 3,3 milliards d’euros sont actuellement en cours d’instruction en vue d’une validation définitive au plus tard en juillet prochain.
C’est donc un satisfecit que s’accorde elle-même notre ministre de la Santé qui, "au vu de ces premiers résultats extrêmement positifs, prépare le lancement de la deuxième tranche du plan qui permettra la réalisation de 5 milliards d’euro d’investissements supplémentaires et la poursuite du processus de modernisation des hôpitaux".
A 15 jours d’intervalle, ces analyses très divergentes laissent supposer, soit qu’industriels et journalistes spécialisés sont pessimistes à l’excès, soit que l’analyse ministérielle, dans un contexte de loi HPST en grande difficulté, se veut exagérément optimiste. Cette euphorie sera-t-elle de nature à dissiper le climat de suspicion des acteurs concernés ?
Communication de Roselyne Bachelot-Narquin en Conseil des ministres