Inde : privilégier le confort thérapeutique ou l’accès aux médicaments ?
septembre 2007
Dans le Figaro du 21 août, une mise au point sur le conflit qui oppose le laboratoire Novartis au gouvernement indien, qui refuse de reconnaître le brevet portant sur le Glivec, médicament antiviral (VIH) commercialisé par le laboratoire.
L’article rappelle que l’Inde est le principal fournisseur en médicaments des pays pauvres (la moitié des médicaments contre le VIH, le paludisme, les antibiotiques, etc), essentiellement des génériques, grâce à ses prix très bas. Y compris chez elle, puisque ses entreprises du secteur contrôlent 80 % de son marché intérieur. Cela n’empêche pas que " 70 % de sa population n’a toujours pas accès aux médicaments essentiels."
L’Inde refuse d’accorder un brevet à Novartis, qui a porté plainte, au motif que la molécule (Glivec) " n’était pas si différente d’une molécule précédente et n’apportait pas une innovation telle qu’elle méritait d’être protégée par un brevet." " L’affaire est devant les tribunaux indiens depuis dix-huit mois." Elle est soutenue par les ONG, pour qui la politique indienne permet de réduire l’inégalité d’accès aux médicaments.
Pour Novartis, c’est " une question de principe." Le laboratoire fait remarquer qu’il distribue gratuitement le médicament à plus de 98 % des patients en Inde.
Le journaliste, Fayriel Gadhou, explique en quoi le débat n’a rien d’évident : " Si l’Inde donnait raison à Novartis, c’est une myriade de petites innovations - moins de prises, moins d’effets secondaires -, qui ne constituent pas une révolution, mais néanmoins un mieux-être pour les patients, qui finirait par être reconnue. Du coup, les copies d’anciennes molécules améliorées seraient de plus en difficiles et l’accès aux médicaments pour les pauvres encore plus compliqué. Une véritable quadrature du cercle."
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