L’art médical est une enquête policière
novembre 2011
La prestigieuse Stanford University (Etats-Unis) a recruté le Dr Abraham Verghese en 2007, non pas pour son expertise dans une technologie diagnostique ou thérapeutique de pointe, mais parce qu’il sait faire un examen clinique et surtout enseigner comment le faire. Pour cela, il forme ses étudiants à mener une enquête à la façon de Sherlock Holmes : tout remarquer et tout noter.
Pour lui, la médecine est indissociablement une science et un art : il ne comprend pas la différence, puisqu’il s’agit de toute façon de monter des histoires qui tiennent debout. D’ailleurs, il lit beaucoup, de tout, ce qui n’en fait pas un intellectuel reclus : il est aussi un joueur de tennis de haut niveau. Il admet volontiers que l’examen clinique a une fonction symbolique : pour lui, c’est un rituel qui transforme deux étrangers en un médecin et un patient. Il ne croit pas un instant à la « distance thérapeutique » : un étudiant qui pleure est la promesse d’un bon professionnel. Quant à l’argument qui veut que la technique remplace avantageusement l’examen clinique, il y répond volontiers par une de ses blagues favorites : « Je suis certain que vous avez besoin d’une IRM pour diagnostiquer un doigt manquant. »
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