L’avenir de l’industrie pharmaceutique française et de ses emplois : une étude publiée par le LEEM
mai 2008
Le LEEM (Les entreprises du médicament) publie sur son site un résumé de l’étude commandée au cabinet Arthur D.Little sur « L’emploi dans l’industrie pharmaceutique en France. Facteurs d’évolution et impact à 10 ans ». Il y ait assez peu question d’emploi, mais beaucoup d’industrie. En tout cas, cela donne une bonne idée des enjeux pour cette industrie, dont plusieurs économistes pensent qu’elle a la vocation a être un moteur de croissance pour le pays (il ne s’agit pas seulement d’un discours "promotionnel" de cette industrie, puisque même des économistes peu suspects d’être d’affreux libéraux défendent cette position). Extraits :
" Les entreprises du médicament sont confrontées à des changements majeurs.
Sous la pression du durcissement des normes, de la mise en place de mesures de limitation des dépenses de santé, de la menace de nouveaux entrants ou de la délocalisation des activités de production, de la montée des importations parallèles, des enjeux en matière de ressources humaines (avec l’optimisation de l’organisation de la production, le renouvellement des effectifs, l’attractivité des métiers de production pour les jeunes…), elles sont poussées à adapter leurs stratégies, jusqu’à remettre en cause le « business model » qui les a portées jusqu’ici.
L’enjeu de la bioproduction s’impose de façon déterminante.
La croissance du marché pharmaceutique sera en effet de plus en plus tirée par le développement des médicaments issus du vivant, ce qui pourrait bouleverser les équilibres existants en termes de compétences et d’attractivité et avoir des conséquences importantes sur les infrastructures actuelles.
La France dispose d’une tradition ancienne en matière de production pharmaceutique (position de leader européen en valeur, nombreuses entreprises implantées, instituts de formation, etc.), mais elle doit se repositionner pour ne pas voir ses activités de production se délocaliser.
Les exportations de médicaments vers l’Union Européenne représentaient 969 millions d’euros (44% du total des exportations françaises) en 1990 et 10,4 milliards d’euros en 2006 (58% du total).
Elles sont le résultat de la réorganisation européenne de la production de médicaments dans un contexte de meilleure lisibilité de la politique française du médicament et de meilleure attractivité du territoire national. Une situation qui reste très fragile et menacée :(...) la France a ainsi perdu en 18 mois plusieurs arbitrages industriels de localisation, lourds de conséquences à moyen terme.
De plus, la croissance du marché pharmaceutique est désormais tirée par les pays émergents.
Les pays émergents vont produire leurs propres médicaments.
Historiquement, l’industrie pharmaceutique a souhaité maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur (de la recherche à la commercialisation en passant par la production primaire et secondaire).
Or, ce modèle de chaîne intégrée vole actuellement en éclats sous le coup de deux phénomènes : le recours croissant à l’externalisation et l’essor des biotechnologies qui bouleversent les équilibres antérieurs fondés sur la chimie.
Ces perspectives vont entraîner la diminution du poids des continents traditionnels dans les ventes, mais surtout dans la croissance des revenus des entreprises pharmaceutiques au cours des prochaines années.
A l’inverse, (...) le développement de médicaments d’origine biologique devrait favoriser les régions ayant su valoriser leurs centres de recherche, le tissu des petites entreprises de biotechnologies par l’existence d’usines de bioproduction, autrement dit les Etats-Unis, les pays de l’Europe du Nord, voire l’Allemagne et le Royaume-Uni."
Petit mot sur l’emploi, concernant " la décroissance des effectifs de promotion," c’est-à-dire, entre autres, les visiteurs médicaux : " les effectifs de promotion & vente enregistreront vraisemblablement des
diminutions entre 25% et 38%, soit une perte de 10 000 à 12 000 emplois.”