La concurrence entre les associations est de plus en plus vive.
juin 2007
C’est le titre d’un article de La Croix daté du 29 mai 2007, rendant compte d’une étude du CNRS “communiquée” au journal, ce qui me laisse rêveur : pourquoi lui et pas tous les autres ? qu’est-ce qui m’échappe ? J’en place ici des extraits copieux, parce que je n’arrive à trouver aucun lien vers cette étude.
” une équipe du Centre d’économie de la Sorbonne , dirigée par la chercheuse du CNRS Viviane Tchernonog , rend publique mercredi 30 mai dans nos pages une étude particulièrement intéressante sur le paysage associatif français. (…) Elle souligne tout d’abord le poids économique considérable des 1 100 000 associations que compte actuellement le pays : « un budget cumulé de l’ordre de 59 milliards d’euros (soit environ 3,4 % du produit intérieur brut, PIB) », « un volume d’emploi de 1 050 000 emplois en équivalent temps plein », auquel il faut ajouter « le concours de 15 à 18 millions de bénévoles » (935 000 emplois en équivalent temps plein). (…)
Depuis six ans, nous dit l’enquête, la part relative des trois grands types d’associations est restée stable : celles dont l’action est articulée aux pouvoirs publics (gérant, par exemple, des établissements sociaux) ; celles ayant une approche militante forte ; celles, enfin, orientées vers la pratique d’une activité (associations sportives, entre autres).(…)
« L’augmentation du nombre d’associations – un peu plus de 200 000 en six ans – les place dans une situation permanente de concurrence face aux adhérents, aux ressources publiques ou privées et au travail bénévole », écrit Viviane Tchernonog. (…)
« Sous l’effet de la décentralisation, les financements publics ont été distribués autrement, les collectivités locales prenant le relais de l’État, explique Viviane Tchernonog. Cette nouvelle organisation a parfois posé problème, des associations perdant leurs ressources sans parvenir à en trouver de nouvelles. Résultat, certaines ont mis la clé sous la porte, tandis que d’autres ont vu leur budget multiplié par deux ou trois. » (…)
« On observe une baisse tendancielle des subventions au profit du financement de services. D’une certaine manière, les pouvoirs publics instrumentalisent les associations, ce qui n’est pas sans conséquence. Pour assurer leur survie, celles-ci préfèrent offrir les prestations attendues, rémunératrices, plutôt que d’innover, ce qui est pourtant une de leurs missions essentielles. » (…)
Depuis 1999, le volume de travail fourni par les bénévoles s’est (…) accru… de 30 % ! Non seulement leur nombre a augmenté mais ils se sont plus fortement impliqués. « Le vivier des bénévoles est important mais un effort doit être fait pour mieux les former », conclut la chercheuse.“
Une précision de Viviane Tchernonog
A la suite de mon compte-rendu de l’article du journal La Croix sur le dernier travail de Viviane Tchernonog (La concurrence entre les associations est de plus en plus vive - revue de presse du 7 juin 2007), celle-ci m’adresse les précisions suivantes :
" Sur votre blog , vous commentez une étude que je viens de réaliser sur le secteur associatif français.
Vous écrivez notamment que
" c’est le titre d’un article de La Croix daté du 29 mai 2007, rendant compte d’une étude du CNRS “communiquée” au journal, ce qui me laisse rêveur : pourquoi lui et pas tous les autres ? qu’est-ce qui m’échappe ? J’en place ici des extraits copieux, parce que je n’arrive à trouver aucun lien vers cette étude ".
Il est exact qu’il n’existe pas encore de lien vers l’étude. Le statut de diffusion de celle-ci n’est pas encore déterminé et un résumé assez détaillée de l’étude sera bientôt téléchargeable sur le site de l’équipe Matisse ici.
Sur la communication au journal La Croix :
Les journaux La Croix et Les Echos ont depuis des années régulièrement diffusé les résultats des études que nous conduisons sur les associations et que nous les leur communiquons régulièrement. Mais nous les communiquons aussi et en même temps à l’AFP. Nous avons essayé à plusieurs reprises de présenter nos travaux à d’autres grands quotidiens, qui semblent moins intéressés, mais c’est bien sûr notre intérêt - et notre mission - d’assurer la meilleure diffusion de nos travaux.
Des comptes rends de l’étude ont donc été présentés dans de nombreux journaux le même jour.
Par ailleurs, je vous remercie de la qualité de la restitution que vous avez faite de note travail."
Bien entendu, Viviane Tchernonog m’a autorisé à publier sa réponse, ce dont je la remercie cordialement.