La souffrance des adolescentes
mai 2007
Le Nouvel Observateur (n° 2218) publie un entretien avec Marie Choquet, chercheuse à l’Inserm qui « ausculte les adolescents depuis 35 ans ».
Le magazine retient que selon l’épidémiologiste et psychologue, « aujourd’hui, les filles sont les plus en souffrance ».
Marie Choquet déclare notamment que « 80 % à 85 % [des jeunes] vont bien et 15 % vont mal. Ces derniers cumulent trois ou quatre troubles [qui] vont de l’usage répété du cannabis à la consommation régulière d’alcool ou de tabac, de l’anorexie à l’absentéisme scolaire ou de la tentative de suicide à la fugue ».
La directrice de recherche ajoute être inquiétée par « un climat dépressif diffus qui augmente régulièrement. Contrairement au leitmotiv ambiant, la mort par suicide est en diminution, mais les tentatives de suicide augmentent ».
(...) « plus souvent dépressive et victime de violences, la jeune Française va moins bien que ses aînées d’hier et que les autres Européennes. […] A 17 ans, elles présentent aujourd’hui plus de troubles que les garçons, alors qu’avant c’étaient les garçons qui avaient plus de troubles que les filles ».
La psychologue explique que la cause vient de l’« évolution du climat familial : c’est lui qui pèse le plus sur la survenue de la dépression. Or il s’est amélioré pour les garçons et détérioré pour les filles ».
Marie Choquet relève ainsi que « les filles semblent vivre un certain délaissement paternel. […] Autre problème à leur sujet : les violences sexuelles dont elles sont victimes peu avant la majorité. Soit près d’une fille sur dix ».
Lu sur Mediscoop du 11 mai 2007
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