Le Brésil décide de ne pas respecter le brevet d’un antirétroviral
mai 2007
Dans le Figaro du 7 mai 2007. « La santé prime sur le commerce ». ”
Mariângela Simão dirige le programme brésilien de lutte contre le sida, qui permet la distribution gratuite d’un traitement à 180 000 malades. Elle revient sur la décision du Brésil, annoncée vendredi par le président Lula, de ne plus respecter le brevet de l’Efavirenz, antirétroviral produit par le laboratoire américain Merck. Le laboratoire public brésilien Farmanguinhos estime être capable d’en fabriquer des copies d’ici un an. D’ici là, le Brésil va l’importer d’Inde.
Extraits de l’entretien : ” (…) nous réclamions 65 cents, prix pratiqué par Merck dans d’autres pays [comme la Thaïlande], et cela alors que des copies à 45 cents l’unité sont disponibles auprès de fournisseurs indiens agréés par l’Organisation mondiale de la santé. (…) Nous n’avons rien fait d’illégal. La licence obligatoire est prévue par les accords internationaux sur la propriété intellectuelle. D’autres pays ont eu recours à ce mécanisme. Si nous n’avions pas fait cela, la viabilité du programme de distribution des médicaments antisida aurait été mise en péril. L’Efavirenz est pris par un nombre croissant de patients : 75 000 aujourd’hui contre 2 500 en 1999. (…)
Le Brésil a toujours cherché des solutions négociées avec les labos, mais quand cela n’est pas possible, une mesure plus drastique finit par être prise. Nous avons 32 000 nouveaux cas de sida par an. Grâce à l’accès gratuit au traitement, les malades vivent beaucoup plus longtemps et certains finissent par avoir besoin de médicaments plus avancés et très coûteux. “
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