Le corps de chacun : celui de sa catégorie sociale
septembre 2007
Dans l’Humanité du 14 août (vu sur rezo.net), une analyse de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS. Extraits :
" Que le corps soit redressé et discipliné, comme dans les familles de la haute société, qu’il soit décontracté, comme dans les classes moyennes intellectuelles, ou qu’il exprime des conditions de vie et de travail difficiles en milieu populaire, chacun vivra cette présentation de soi et cette gestion du corps comme exprimant une réalisation de son essence.
Le corps porte les stigmates, positifs ou négatifs, de ses origines et de ses conditions de vie.
L’élévation du niveau de vie s’est traduite d’abord par l’accès des familles les plus modestes à un régime alimentaire de plus en plus riche, tandis que les classes aisées prenaient conscience de la nécessité de surveiller leur alimentation : la diététique fit son apparition. Et les corpulences se sont inversées, au point que l’obésité, problème de santé majeur dans les pays riches aujourd’hui, y menace en priorité les pauvres. Les diététiciens qui, sur les ondes, conseillent de manger cinq fruits et légumes différents chaque jour n’ont sans doute pas conscience qu’une telle alimentation est hors de prix pour les familles modestes.
L’éducation du corps dès la petite enfance est l’affaire du milieu familial. Il s’agit d’apprendre à maîtriser son corps et à le présenter toujours de la manière la plus avantageuse. (...) Le corps est ainsi un autre capital, qui permet de convaincre les autres de l’excellence de la personne qui l’habite."
Voir aussi l’entretien avec Philippe d’Iribarne sur ce blog.
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