Les croyances à propos du cancer : la faute à l’environnement, pas à moi
octobre 2008
L’IUCC (International Union Against Cancer) a publié fin août 2008 les résultats d’une enquête internationale portant sur ce que les gens croient être des causes ou des facteurs de cancer (presque 30 000 personnes interrogées dans 29 pays). Les résultats montrent qu’il y a un énorme effort d’information à faire, dans tous les pays. En voici les principaux :
Les habitants des pays riches croient plus volontiers que les habitants des pays pauvres ou à revenu intermédiaire que
l’alcool n’est pas un facteur favorisant de cancer, alors qu’il l’est bel et bien ;
le défaut d’alimentation en fruits et légumes est plus important que la consommation d’alcool, alors que l’effet protecteur de cette alimentation est moins bien prouvé que l’effet délétère de l’alcool ;
le stress et la pollution de l’air favorisent plus le cancer que l’alcool, alors que le stress n’est pas reconnu comme un facteur favorisant et que l’impact de la pollution aérienne est bien plus faible que celui de la consommation d’alcool.
Les habitants des pays pauvres ou à revenu intermédiaire pensent plus souvent que les habitants des pays riches que le cancer est incurable, ce qui est vraisemblablement un problème pour les inciter au dépistage.
L’immense majorité (75 %) des habitants des pays pauvres préfèrent laisser leur médecin décider seul de la conduite à tenir en cas de cancer, alors que l’immense majorité des habitants des pays riches pensent que cette décision revient au patient seul ou être commune au médecin et au patient. Ce qui laisse penser que l’autonomie est une valeur de riche ou ne va pas sans un bon niveau d’instruction...
Dans tous les pays, les gens accordent plus d’importance aux facteurs environnementaux (par exemple, pollution aérienne) qu’à ceux qui impliquent des comportements individuels (par exemple, le surpoids), alors que c’est le contraire qui est vrai. Mais l’étude ne dit rien de l’influence des facteurs environnementaux sur les comportements (par exemple, le cadre de travail sur la consommation d’alcool et de tabac). Enfin, on pourra toujours se rassurer en notant que la France ne fait pas partie du panel des pays de l’enquête.
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