Les dépenses de soins de ville remboursées par le régime général en 2006
septembre 2007
Dans Etudes et Résultats n° 591 (août
2007) : Les dépenses de soins de ville
remboursées par le régime
général en 2006. Extraits :
En 2006, la
croissance
en volume de la dépense de soins de ville a
été
proche
de celle observée en 2005 (+3,6 %
après +3,4 %). Ce maintien résulte de deux effets
contraires : d’un côté, les
dépenses d’honoraires ont fortement ralenti (+0,3
% après +1,2 %) ; de l’autre, les prescriptions
d’auxiliaires médicaux et d’analyses
biologiques ont augmenté à un rythme plus soutenu
et les indemnités journalières ont moins
diminué que les années
précédentes.
En revanche,
l’année 2006 est marquée par une
nette baisse des prix des soins
de ville (-1,1 %), résultat dû en
grande partie à l’évolution des prix
des médicaments : les mesures du plan Médicament
ont en effet porté essentiellement sur les prix en 2006,
notamment en accroissant encore la part des médicaments
génériques.
Au total, les
dépenses de soins de villes exprimées en valeur
ont moins progressé qu’en 2005 (+2,5
% après +3,4 %).
Quelques
précisions :
- Le
plan
Médicaments repose sur une politique de prix
(promotion des médicaments génériques)
et une politique de régulation (déremboursement
des médicaments à service médical
rendu insuffisant).
- Les
honoraires
représentent environ 27 % de l’ensemble des
dépenses ici considérées. Ce poste
comprend les honoraires des médecins
généralistes et spécialistes
(consultations, visites et actes techniques), ceux des dentistes, ainsi
que ceux des sagesfemmes, pratiqués dans le cadre de la
médecine ambulatoire et en clinique privée. En
revanche, les rémunérations pour permanence de
soins et les rémunérations versées aux
médecins traitants pour les patients en ALD sont exclues,
dans la mesure où il ne s’agit pas de
dépenses remboursées aux assurés, mais
de versements directs aux médecins.
- Les prix relatifs des biens et services de santé peuvent
influencer l’offre et la demande de soins. Cependant, dans le
système actuel de remboursement, l’
impact des prix sur la demande de
soins est, de fait, limité par la tendance
à la généralisation de la couverture
complémentaire d’assurance maladie, même
si l’introduction en 2005 de la participation forfaitaire de
1 euro peut rendre la demande de soins plus sensible aux prix. Ainsi,
l’effet global du prix sur la consommation de soins peut
plutôt s’interpréter comme un effet
d’offre : une étude empirique sur le
Québec a par exemple montré que les prestataires
de soins chercheraient plutôt à garantir le
maintien de leur revenu qu’à obtenir des gains
plus importants, du moins à court terme, ce qui les
conduirait à freiner leur activité en cas de
hausse tarifaire. À l’inverse, dans les
périodes où il n’y a pas de
revalorisation tarifaire, les professionnels de santé
auraient tendance à accroître le volume de leurs
honoraires afin de pallier l’érosion de leur
revenu réel découlant de l’augmentation
du niveau général des prix. Le modèle
décrit très bien l’évolution
observée en 2006 : les volumes des honoraires ont
crû de 0,3 % et le PIB représente une contribution
essentielle à cette croissance (0,5 point),
légèrement atténuée par
l’effet des prix (-0,1 point).
- En 2006, le taux de croissance en volume des
honoraires de
spécialistes dépassait sensiblement
celui des généralistes, comme cela se produit
depuis 2001. L’année 2005 avait
été en cela exceptionnelle, puisque les
honoraires de spécialistes avaient progressé
moins vite que ceux des généralistes ; cette
situation s’expliquait sans doute par le début de
la mise en place du parcours de soins coordonnés.
- Les
prescriptions
autres que médicamenteuses, qui regroupent les
analyses de biologie, les soins d’infirmiers, les
masseurs-kinésithérapeutes et autres auxiliaires
médicaux (orthophonistes, etc.) ainsi que les cures
thermales, constituent une autre composante des soins ambulatoires. Ces
dépenses représentent plus de 15 % des
dépenses totales de soins de ville. Les dépenses
d’infirmières et de
kinésithérapeutes expliquent en grande partie la
hausse du taux de croissance.
- Les dépenses d’
indemnités
journalières représentent environ
12 % des dépenses de soins de ville en 2006. Même
si la politique de contrôle de la CNMATS a
été efficace au cours des deux ou trois
dernières années en luttant contre les abus, elle
ne permettra cependant pas, à elle seule,
d’infléchir beaucoup plus longtemps
l’évolution des indemnités
journalières, comme semblent le montrer les premiers
éléments concernant l’année
2007.