Les femmes font plus de semaines de 35 heures par an que les hommes
septembre 2007
Dans son édition du 18 août, le Monde fait état d’une enquête de l’INSEE sur les emplois du temps (que je n’ai pas réussi à retrouver...), qui confirme malheureusement celle publiée par la Drees en début d’année (n° 570 d’avril 2007 de la revue Etudes et Résultats - voir l’article sur ce blog : " Hommes en couple, encore un effort pour être révolutionnaires !"). Extraits : " Dans une famille de deux enfants dont les parents travaillent à temps plein, les femmes accomplissent en moyenne 65 % du travail domestique, 80 % si l’on retient uniquement le " noyau dur " (courses, cuisine et linge). Ces inégalités pèsent lourdement sur l’investissement professionnel des femmes : sur une année, une femme assume 680 heures de travail domestique de plus que son compagnon, soit dix-neuf semaines de travail de 35 heures...
Malgré l’entrée massive des femmes sur le marché du travail à partir des années 1970, cette répartition a peu varié : de 1974 à 1998, le nombre d’heures de travail domestique des femmes est passé de 37,3 à 29,6 par semaine. " La journaliste, Anne Chemin, indique que ce recul repose pour l’essentiel (60 %) sur le recours à une femme (femme) de ménage et aux progrès des appareils domestiques, bien plus que sur la participation des hommes.
François de Singly, sociologue, explique la discordance entre le grand accroissement du travail "non domestique" et la faible diminution du travail domestique pour les femmes par le fait que " Le genre masculin est associé à un évitement des tâches ménagères, le genre féminin au contraire à une forte assignation." Résistance des hommes, donc, liée à la construction de l’identité masculine. L’inégalité, soit la domination masculine, ne serait pas perçue parce qu’elle serait cachée par d’autres qualités (écoute, attention).
Mais résistance des femmes aussi, d’après le compte-rendu de l’ouvrage collectif paru sous la direction du même sociologue (L’injustice ménagère. Armand Colin. 235 pages, 24 euros), dans les Echos du 28 août : " Pour que les choses changent, il faudrait que les hommes aient envie d’acquérir plus d’autonomie (...) et que les femmes acceptent l’idée qu’ils ne feront pas les choses comme elles l’auraient fait." Ce que dit d’ailleurs une des femmes interrogées dans l’article du Monde : " J’assume l’essentiel mais je sais que ce sera fait comme je le veux."
Dans le Monde, le sociologue propose une "desexualisation" des tâches par l’alternance : tu fais le ménage cette semaine, je le fais la semaine suivante.