Pour la reconnaissance au niveau master des sages-femmes
mai 2009
Une sage-femme sur quatre dans la rue le 5 mai 2009 (5 000 sur 20 000 professionnelles en exercice) ! ça ne s’était pas vu depuis 8 ans. Cela suffira t’il à faire passer leur formation dans la filière LMD (licence- master-doctorat), comme elles le réclament depuis longtemps ? Pas sûr : elles ne sont ni chauffeurs de taxis, ni médecins, et elles ne peuvent quasiment pas faire grève : soucieuses de la permanence des soins, elles se refusent à abandonner les mamans et les bébés qui leur sont confiés. Leurs moyens de pression sont donc limités.
Les sages-femmes exercent une profession médicale, comme l’énonce explicitement le Code de santé publique. Les autorités sanitaires le savent bien, puisqu’elles ont récemment étendu leur champ de compétences à la prescription de la contraception orale et au un suivi gynécologique de prévention. Elles ont en charge la grossesse dite physiologique, c’est-à-dire normale, et s’élèvent contre une naissance surmédicalisée.
Elles réclament que leur diplôme soit reconnu au niveau master, ce qui correspond tout-à-fait à la réalité de leur formation. La ministre de la santé s’est engagée à présenter un amendement devant le Sénat, qui discute actuellement la loi HPST (Hôpital Patients Santé Territoires), sur l’intégration universitaire de leur formation. Cet amendement se contente de proposer des expérimentations dans quelques écoles de sages-femmes, mais ne garantit pas leur généralisation. Suite à leur sortie dans la rue, un groupe de travail a été constitué. Mais elles se méfient et seuls les naïfs trouveront cela curieux. L’Ordre national des sages-femmes rappelle que la dernière expérimentation (première année de formation en première année de médecine) a duré 10 ans …
Cet accès au niveau master est important pour l’avenir de la profession : il conditionne la création d’une filière autorisant doctorat et recherche. L’Ordre souligne qu’actuellement celle-ci porte essentiellement sur les grossesses pathologiques, étant le fait de médecins.
Elle importe aussi à court terme : si le niveau master n’est pas reconnu, les sages-femmes seront au niveau licence, comme les infirmiers (profession non médicale), ce qui risque de poser de délicats problèmes de hiérarchie à l’hôpital.
Les sages-femmes ont reçu le soutien du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, soutien partagé par les directeurs techniques des écoles de sages-femmes (médecins).
Article modifié le 27 mai 2009 du fait d’une remarque du Conseil national de l’Ordre des sages femmes (que je remercie) faite par courrier : c’est le Code de la santé publique qui définit la profession comme médicale ; nul besoin donc que cela soit "reconnu" par les autorités de santé. En revanche, celles-ci en prennent acte (élargissement de compétences médicales).