RNV3P : pas un robot, mais un réseau exemplaire de santé au travail
mars 2008

Malgré sa très haute technicité, RNV3P n’est pas un robot, mais un réseau (Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles), celui des Centres de consultation des pathologies professionnelles de France (CCPP). Implantés dans les CHU et au nombre de 32, ces derniers sont à la fois des centres d’expertise et des collecteurs d’informations en santé au travail, dans le but de constituer une base de données nationale. Donc, premier trait remarquable : la démarche clinique orientée sur la prise en charge d’un individu n’est pas séparée de la démarche de santé publique orientée sur les risques collectifs, bien au contraire : les deux s’enrichissent mutuellement.
Les CCPP travaillent en collaboration avec les CRAM (Caisses régionales d’assurance maladie), qui les soutiennent financièrement.
Tout professionnel peut adresser un patient au CCPP : médecin généraliste ou spécialiste de ville, médecin du travail, mais aussi avocat ou association. Une partie essentielle du travail d’expertise porte en effet sur " l’imputabilité " : la pathologie de ce patient est elle due à son travail ou pas ? entièrement ou en partie ? à un travail antérieur ? etc
Le réseau qui les rassemble (RNV3P) est piloté par l’AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail), dont le travail est lui aussi remarquable, par la rigueur et l’indépendance de son expertise et par la coordination qu’il assure en plein accord avec la Caisse nationale d’assurance maladie.
Le RNV3P assure ainsi une mission
d’expertise (mise au point d’outils d’imputabilité, dont l’importance est extrême, notamment pour les risques psychosociaux),
de veille sanitaire, en répertoriant les problèmes de santé liés au travail,
de recherche en émergence, en repérant très tôt les nouveaux risques.
Ne pas confondre avec une mission épidémiologique, qui n’est pas de son ressort, bien qu’elle puisse apporter un appui méthodologique précieux ; sa vocation n’est pas d’estimer la fréquence réelle des problèmes rencontrés. Il s’agit là d’une mission de l’InVS (Institut de veille sanitaire).
Quels sont les principaux constats que fait le réseau pour 2006 ?
confirmation de son rôle d’expertise pour les pathologies liées à l’amiante, y compris à l’égard des retraités ;
augmentation considérable des pathologies psychosociales, comme le remarquent toutes les études épidémiologiques : multiplication par 4 des consultations entre 2001 et 2006, avec un quart des patients appartenant aux professions de santé (infirmières et aides-soignantes surtout), d’aide sociale ou d’aide à la personne.
20 % de cancers déclarés en maladie professionnelle ;
augmentation de la proportion des femmes, atteignant progressivement la parité avec les hommes ;
peu de TMS (troubles musculo-squelettiques), sans doute parce qu’ils ne réclament pas une prise en charge de technicité poussée.
Quels sont ses souhaits ?
développer les relations avec les médecins de ville, en particulier généralistes, notamment pour le problème des polyexpositions, posant un problème de suivi tout au long de la vie (le généraliste connait bien ses patients) ;
contribuer au maintien dans l’emploi des plus de 50 ans victimes d’un trouble de santé ;
contribuer à la mise en place d’une base de données nationales sur les pathologies professionnelles.
Conférence de presse du 5 mars 2008, Paris, à l’occasion du rapport 2004-2006 du RNV3P.
AFSSET