Santé, précarité et solidarités en Méditerranée
Extraits du communiqué de presse :
" Organisé chaque année par le Centre européen de santé humanitaire (CESH), la Journée provençale de la santé humanitaire vise à rassembler des acteurs de la solidarité locale et internationale, de tous les points de vue et de toutes les disciplines, dans l’optique de dresser des passerelles entre humanitaires, universitaires, militaires, administratifs et citoyens...
Le fil rouge de cette 2e édition, « Santé, précarité et solidarité en Méditerranée », abordait notamment les migrations, à la fois cause et conséquence de la précarité. Conflits armés, pauvreté, catastrophes naturelles, état de santé déficient, autant de causes de migrations qui mènent ses victimes sur la route d’une nouvelle précarité et d’errances, au Maghreb (migrants sub-sahariens), en Palestine, au Liban, en ex-Yougoslavie, en France ou ailleurs... En ces moments troubles de l’humanitaire, avec le scandale de l’Arche de Zoé, cette journée a également permis aux acteurs de la solidarité de se questionner sur la qualité et la légitimité de leurs actions.
Comme le mentionnait le Dr Pierre MICHELETTI, président de Médecins du monde, dans son discours introductif, « l’espérance de vie d’un SDF en France est égale à celle de l’individu moyen en Haïti ». Loin de minimiser la souffrance de l’un par rapport à l’autre, cette mise en perspectives des actions de solidarité en France et dans d’autres pays a permis aux uns et aux autres non seulement de comparer des situations, mais surtout d’échanger des
pratiques, notamment lorsqu’on travaille au sein de populations migrantes en France.
C’est ce que le Dr Djamel BOURICHE, pédopsychiatre dans les quartiers difficiles de Marseille, nous a fait comprendre… « Les approches classiques d’entretiens cliniques ne sont pas du tout adaptées pour donner une lecture des symptômes qui tiennent compte des spécificités socioculturelles comme l’individualisation du soin, la langue parlée, les représentations de l’enfant dans la famille et dans l’ethnie concernée, la représentation de la folie ou désordre que présente l’enfant. »
Plus loin encore que le partage des expériences de chacun, l’organisation des
collaborations sur le terrain, entre acteurs aux objectifs, aux valeurs et aux missions parfois contradictoires à première vue – ONG, Etat, Armées - a aussi été abordée lors de la seconde table-ronde. Pour Antoine PEIGNEY, directeur des opérations internationales de la Croix-rouge, « se fédérer ne signifie pas se mélanger dans le désordre. C’est additionner des valeurs ajoutées qui facilitent la coordination. Pour cela, il faut que les États connaissent bien les différents acteurs et que les acteurs connaissent bien leur mandat respectif, et cela avant la situation d’urgence ».
« Je repense aux centres sociaux qui, en France, ont été créés dans l’après-guerre, dans les milieux populaires et par ses habitants. Je me dis que, pour éviter le côté colonisateur que peuvent revêtir certaines actions humanitaires, il serait bon de s’en inspirer, car toute action pérenne ne peut se faire qu’à travers une démarche participative, avec la population, en partant de ses besoins tels qu’elle les perçoit ! » a témoigné Antoine Bruno, éducateur et directeur de Tremplin santé jeunes."
Les comptes rendus des interventions seront disponibles début février sur le site du
CESH
(Centre européen de santé humanitaire).
contact : Julie Bégin 06.89.39.19.74 julie.begin@cesh.org