Sophia : accompagnement des patients diabétiques
janvier 2008
La
lettre d'information numéro 284 du 27 janvier 2008
d’
Annuaire Sécu
donne l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur le programme d’accompagnement des patients diabétiques mis en place par la CNAM dans 6 départements pilote. Extraits :
" Ce dispositif expérimental (...) sera ouvert, sur le principe du volontariat, aux 136 000 patients diabétiques de plus de 18 ans pris en charge à 100 % au titre d’une ALD résidant dans ces départements, ainsi qu’à leurs 6 000 médecins traitants. (...) Dans un premier temps, des documents d’information sur le service et des bulletins d’adhésion seront envoyés à la population cible par les CPAM, en février pour les médecins et à partir de mars pour les patients qui disposeront à cette date d’un numéro pour se renseigner sur le service (0811.709. 709). Dans un deuxième temps, en septembre 2008, un accompagnement téléphonique personnalisé, un service Internet et un magazine trimestriel spécialisé "Sophia et vous" seront proposés aux adhérents. L’accompagnement téléphonique s’appuiera sur "quelques dizaines" d’infirmières recrutées par l’Assurance maladie et spécifiquement formées, regroupées au sein d’une plate-forme technique mise en place avec le concours de Accenture et de Health dialogue. Le coût du dispositif est évalué à environ 10 millions d’euros annuel, soit environ 10 euros par patient et par mois, rapporte une dépêche APM. Chaque médecin traitant, acteur clé de Sophia, touchera 2C à l’entrée d’un patient diabétique dans le dispositif, puis 1C par an. Il sera aussi régulièrement informé sur l’accompagnement de son patient. Ce programme a été élaboré en partenariat avec les associations de patients, les réseaux de santé, les sociétés savantes, l’Ordre et les syndicats de médecins, la Haute autorité de santé (HAS) et l’INPES, réunis au sein d’un comité scientifique mis en place en juin 2007. (...)
"Pour la première fois, l’Assurance maladie concrétise sa stratégie d’évoluer d’une entreprise de production, de remboursement de feuilles de soins, vers une entreprise de services en santé, de manière à mieux accompagner les assurés pour les aider à gérer au quotidien leur santé", a souligné Frédéric van Roekeghem (directeur de la CNAMTS)."
L’
APM International
souligne que " L’Association française des diabétiques (AFD) soutient le projet (...) car il répond aux trois conditions posées par l’association : ne pas se calquer sur "du coaching téléphonique à l’anglo-saxonne", se fonder sur une coordination de l’offre de soins de proximité existante et distinguer l’information faite aux diabétiques de type 2 et de type 1, lesquels requièrent une "véritable éducation thérapeutique" auprès d’une équipe spécialisée en diabétologie."
Annuaire Sécu donne un lien sur le site de Dominique Dupagne,
Atoute
, qui établit un programme fictif, dénommé Carla..., en comparaison de celui de la CNAMTS, pour finir par poser la bonne question : " L’assurance maladie, qui peine de plus en plus à assumer sa mission, sort du champ de l’assurance pour rentrer dans celui de la santé publique. Quelle est sa légitimité dans ce domaine ?" et en ajoute quelques unes, dont celle-ci : " Si l’assurance maladie se lance dans la santé publique, ne serait-il pas tout aussi logique que les professionnels de santé auditent les comptes de la CNAMTS ?" Certes, mais pourquoi seulement les professionnels de santé ?
Petit rappel : dans l’article L 162-1-11 du Code de la sécurité sociale (art.91-II de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2007), on lit : « Les caisses nationales d’assurance maladie peuvent mettre en place des programmes d’accompagnement des patients atteints de maladies chroniques visant à leur apporter des conseils en termes d’orientation dans le système de soins et d’éducation à la santé.
Les différents régimes d’assurance maladie assurent cette mission en coordonnant leurs actions et veillent à mettre en commun par voie, le cas échéant, de conventions les moyens nécessaires. »