Téléphones portables : danger pour les tomates !
mars 2008
Une équipe de chercheurs de l’université de Clermont-Ferrand a montré " qu’après seulement dix minutes d’exposition aux ondes électromagnétiques d’un téléphone portable, les tomates sécrètent une molécule du stress (...) qui n’apparaît que lorsque les végétaux sont abîmés ", rapporte le Figaro (9 février 2008), qui cite Le Parisien, renommé pour la qualité de ses publications scientifiques... Celui-ci s’inquiète d’une " série de publications, parues ces six derniers mois, qui épinglent l’impact néfaste du portable sur la santé : cancers du cerveau, des glandes salivaires, du nerf auditif, risque d’infertilité."
Le téléphone portable est-il dangereux pour la santé ?, s’interroge gravement le journal dans le titre de l’article. Il est trop tôt pour le dire, mais " le principe de précaution s’impose," d’après Françoise Boudin, directrice de la Fondation Santé et Radiofréquences, " une association reconnue d’utilité publique", sans indiquer comment. La ministre de la santé tempère : " Il faut utiliser le mobile d’une manière raisonnable, (...) il constitue par ailleurs un véritable progrès." Le journal invite à attendre les résultats de l’étude internationale INTERPHON menée dans 13 pays.
Aux journées scientifiques de l’AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail), dont la rigueur et l’indépendance ne sauraient être contestées par quiconque de sérieux, Martine Hours (Lyon) a rappelé que cette étude n’a jusqu’à présent pas montré d’association claire entre l’utilisation des portables et le risque de cancer. Cependant, il subsiste des incertitudes sur le risque lié à l’exposition professionnelle à l’ensemble des champs électromagnétiques (y compris ceux émis par les portables). L’étude conduite par Martine Hours ne montre aucune association significative entre une profession exposée à ces champs et un risque de cancer cérébral. Par ailleurs, l’exposé de son étude montre combien il est difficile d’obtenir des résultats fiables et qu’en conséquence il convient d’être prudent avant de jeter au vent des informations alarmistes ou rassurantes.
Conclusion identique pour les résultats obtenus par l’équipe de Jean-François Viel (Besançon) sur l’exposition de la population aux radiofréquences. En effet, avant de se demander si les gens ou les tomates risquent gros en cas d’exposition à un nuisible quelconque, il vaut mieux se demander s’il y a effectivement une exposition.
Site de l'Afsset
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