Toxicité : un OGM innocenté
juillet 2007
Dans le Figaro du 13 juillet 2007 : " Le commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou, devant le Parlement européen : « À ce stade, il n’y a aucune base scientifique pour douter de la sûreté du Mon 863 ( ou de son statut de produit légalement commercialisé ». "
Il réagissait ainsi à une étude très médiatisée (y compris sur de nombreux forums web où la paranoïa dénonciatrice est de rigueur) " publiée en mars dernier dans une revue scientifique américaine et partiellement financée par Greenpeace à propos de cet OGM, (dont la production est interdite en Europe, mais dont l’importation est autorisée), et qui a été mis en cause, depuis trois ans, par l’association Crii-Gen présidée par Corinne Lepage. (...) Son auteur, le biologiste Gilles-Éric Séralini, professeur à l’université de Caen et président du conseil scientifique du Crii-Gen, avait fait sensation en affirmant que cet OGM, produit par Monsanto, perturbait le fonctionnement du foie et des reins des rats qui en ingèrent. (...)
« La méthode statistique de l’auteur a conduit à des résultats trompeur", a-t-il déclaré (le commissaire), en soulignant que les travaux de Séralini n’étaient pas fondés sur « une nouvelle étude mais seulement sur un examen statis–tique d’études existantes ». Gérard Pascal (Commission française du génie biomoléculaire - CGB - qui avait signalé le premier des différences sur certains paramètres biologiques chez des rats ayant ingéré le produit incriminé), (...) note que l’étude du Crii-Gen est entachée de « graves erreurs méthodologiques ». (...)
La CGB rappelle, par ailleurs, qu’« un diagnostic de toxicité s’effectue sur un faisceau de preuves et jamais sur une anomalie isolée, même statistiquement significative ». Plus gênant, sur le plan de la déontologie, la CGB note que « l’ensemble des données mesurées, y compris celles ne présentant aucune variation significative entre régimes (avec ou sans OGM, NDLR) aurait dû être présenté dans l’étude ». Or les auteurs « n’ont fait état que des quelques résultats qui vont dans leur sens », constate Marc Fellous (président de la CGB)."