Un appel en faveur de la médecine générale
juin 2008
Le Monde du 7 juin 2008 publie un appel de l’économiste Jean de Kervasdoué et des médecins généralistes Christian Lehmann (également écrivain) et Claude Bronner (président d’Espace généraliste) en faveur de la médecine générale, ou plus exactement des médecins généralistes. Ils notent le contraste entre leur mise à l’honneur pratiquée régulièrement et de façon ostentatoire (" pivots " du système de soins, spécialité de médecine générale reconnue à l’Université - mais pas dans les tarifs - etc) et la réalité de leur exercice.
" En 2008, 5 000 généralistes cesseront d’exercer alors que seulement 1 200 s’installeront (solde de - 3 800). En dépit de la croissance du numerus clausus, ce déficit s’aggravera à raison d’un solde négatif annuel moyen d’environ 3 000 par an jusqu’en 2013, puis de 2 000 par an entre 2013 et 2020. La France perdra donc de l’ordre de 30 000 généralistes en treize ans, soit plus de la moitié du chiffre actuel ! (...) il n’y en aura donc plus que 25 000 en 2020. " Ils font également remarquer que 40 % des étudiants sortis de la filière "généraliste" choisiront un autre métier ...
Ils énumèrent les raisons de cette désaffection :
tarif de la consultation bien inférieur à celui des autres spécialités, à l’origine de discussions "sordides", source de "ravages symboliques", alors que " les honoraires des généralistes représentent moins de 3 % des dépenses de l’assurance-maladie " ;
mode de rémunération, incitant à multiplier les actes, au détriment des missions de santé publique (éducation des patients, prévention, etc) ;
surcharge de travail administratif.
Logiquement, la première mesure qu’ils préconisent est donc un alignement du paiement de l’acte sur celui des autres spécialités et un développement de la rémunération au forfait, par an et par malade, qui a fait les preuves de son intérêt ailleurs qu’en France. En favorisant l’exercice d’une médecine de prévention, ils pensent que les économies pour l’assurance maladie devraient suivre.
" Le système français est cher : l’on y prescrit trop d’actes et de médicaments, on y hospitalise trop de malades, on y laisse dériver les dépenses hospitalières, on ne fusionne pas les régimes d’assurance-maladie dont personne n’a plus besoin (chacun jouit des mêmes droits quel que soit le régime auquel il est affilié) et on y rémunère mal les médecins généralistes. "
Voir l’entretien avec Jean de Kervasdoué sur Carnets de santé.