Un entretien avec Bruno Palier dans Libération
juin 2007
Extraits de l’entretien avec Bruno Palier, chargé de recherche au Cevipof (Centre de recherches politiques de l’Institut d’études politiques de Paris) et docteur en sciences politiques, dont je ne saurais trop recommander les bouquins “Gouverner la sécurité sociale” (PUF) et “La réforme des systèmes de santé” (Que sais-je ?), paru dans Libération du 31 mai 2007 :
” Quand on regarde les structures de dépenses, en particulier les postes qui ont connu la plus forte hausse, on note qu’elles sont liées à des pratiques médicales et à des actes de prescriptions. Cela touche plutôt la médecine de ville que la médecine hospitalière. Tout cela n’est guère surprenant : la logique de notre système de santé est la liberté du patient et du médecin. Tant que l’on souhaite que cette valeur de liberté soit la pierre angulaire de notre système, il ne faut pas s’étonner que l’on dépense plus. (…) nous avons, dans notre système, un problème fondamental : c’est le mode de rémunération des médecins, avec le paiement à l’acte. Car ce n’est pas leur niveau de revenus qui est en cause. Car en moyenne les médecins libéraux français ne sont pas très bien payés, bien moins en tout cas que leurs collègues anglais ou suédois. (…)
Quand vous regardez la forte progression des dépenses, qui est responsable ? Ce n’est pas le patient car ce n’est pas lui qui prescrit, c’est le médecin. La seule responsabilité du patient est d’aller voir le médecin. (…) On est le seul pays au monde depuis soixante ans à laisser les médecins libéraux faire tout ce qu’ils veulent. En Suède, les dépenses de santé représentent deux points de PIB de moins que chez nous, or les patients sont mieux soignés. (…)
ces fameux 7 % des Français qui ne sont pas à la CMU, mais qui ne sont pas assez aisés pour avoir des mutuelles (…), avec les franchises, vont retarder leur entrée dans le système de soins. Ils vont devoir attendre avant d’aller se faire soigner. Et ce sera catastrophique, car ils se feront soigner quand ils seront encore plus malades. “
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