Une enquête prouve que la pollution favorise asthme et allergies
mai 2007
On s’en doutait : pollution et asthme font mauvais ménage. Une grande enquête de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en apporte la preuve : la pollution de l’air favorise le développement de l’asthme et des allergies dès l’enfance. Réalisée dans six villes françaises (Bordeaux, Clermont-Ferrand, Créteil, Marseille, Reims et Strasbourg), cette étude correspond au volet français d’une enquête épidémiologique internationale sur l’asthme et les allergies conduite depuis 1991 dans 56 pays.
En France, on compterait 25 % d’allergiques qui multiplient eczéma et rhinites. La vulnérabilité des asthmatiques et des enfants à la pollution est connue. Les chercheurs se sont concentrés sur la mesure de la pollution qu’inhalent les enfants dans leur cadre de vie : à l’école (salle de classe et cour de récréation), en chemin et à la maison. Ils ont choisi d’étudier le toxique dioxyde d’azote et les particules fines.
5 000 enfants de Cm1 et Cm2 ont été sous observation. Bilan : 2 000 d’entre eux, plus d’un tiers donc, souffraient deux fois plus d’asthme et d’eczéma. Autre révélation de cette étude : un dépassement, même très modeste du seuil de particules fines dans l’air recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (Oms) (soit 10 microgrammes par mètre cube) suffit à déclencher asthme et allergies. Dès que ce taux atteint 12 microgrammes par mètre cube, la santé s’en ressent.
L’Inserm s’alarme. L’Union européenne tolère depuis la directive de 1999, un taux de particules fines dans l’air plus élevé que l’Oms, sans se soucier des conséquences sur la santé publique.
Vu dans la lettre d’information de Viva magazine du 4 mai 2007
|