Une image choc contre l’anorexie
septembre 2007
Dans une campagne affiche et presse italienne
réalisée pour la marque de vêtements
No-l-ita, le photographe Oliviero Toscani fait poser nue Isabelle Caro,
jeune anorexique. Il justifie ainsi son initiative : " Il y a des années que
je m'intéresse à l'anorexie. Qui en est
responsable? Les médias en général, la
télé, la mode. Il est donc très
intéressant qu'une marque de vêtements comprenne
l'importance du problème, en prenne conscience et parraine
cette campagne." (La Croix du 23 septembre 2007).
Certains dénoncent ce qu'ils considèrent comme de
la pornographie, d'autres comme une exploitation de la maladie et le
quotidien Il Corriere della Sera a refusé de publier la
photo, indique Libération du 26 septembre 2007. Il
précise qu'en France, " le
Bureau de vérification de la publicité (BVP),
organe d’autorégulation de la profession en
France, a «totalement
déconseillé» aux afficheurs de
placarder les photographies de Toscani ". La Croix
rappelle que " le
gouvernement italien, la Fédération de la mode
italienne et l'association Alta Moda - qui regroupe les couturiers
italiens présentant leurs collections à Rome et
Milan - ont adopté un "Manifeste anti-anorexie" (...) mais
(que) le texte est peu contraignant : il interdit seulement les
défilés aux filles de moins de 16 ans et oblige
les mannequins à présenter un certificat
médical affirmant qu'elles ne souffrent d'aucun trouble
alimentaire."
Le Monde du 9 octobre 2007 publie un point de vue de Karin Bernfeld,
écrivain, où on lit notamment : " l'anorexie n'est pas un choix,
c'est une maladie grave et complexe. (...) Prévention, ils
disent ? Ils supposent faire peur avec cette photo comme avec le "fumer
tue" sur les paquets de cigarettes ? C'est d'autant plus absurde que,
quand on est atteint d'anorexie, cette image nous donne envie de lui
ressembler. (Cette affiche) ôte toute
légitimité, alors que le coeur de la pathologie,
c'est justement d'exister, enfin. (...) je n'ai jamais voulu dire "je
suis anorexique" parce que ce serait faire d'un symptôme une
identité immuable, une carte de visite, à vie.
(...) On meurt tous les jours de troubles alimentaires sans ressembler
à cette photographie. Dans une société
où ce qui ne se voit pas n'existe pas, le pire est sans
doute de ne même pas pouvoir montrer sa douleur."
Cliquer sur le lien pour voir les deux images
(non reproduites ici pour des raisons de droits d'auteur).
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