Dans "L’art français de la guerre", d’Alexis Jenni
janvier 2012, par serge cannasse 
Ma vie est emmerdante et je narre ; ce que je voudrais, c’est montrer ; et pour cela dessiner. Voilà ce que je voudrais : que ma main s’agite et que cela suffise pour que l’on voie. Mais dessiner demande une habileté, un apprentissage, une technique, alors que narrer est une fonction humaine : il suffit d’ouvrir la bouche et de laisser aller le souffle. Il faut bien que je respire et parler revient au même. Alors je narre, même si toujours la réalité s’échappe. Une prison de souffle n’est pas très solide.
Alexis Jenni. L’art français de la guerre. Gallimard, 2011.
Prix Goncourt 2011

Photo : Valence, 2011 ©serge cannasse
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