Deux entretiens sur le sida en Afrique sub-saharienne
décembre 2008, par serge cannasse 
La prévention de la transmission du virus du sida de la mère à l’enfant est une des priorités de santé publique en Afrique sub-saharienne. Plusieurs programmes s’y sont attelés, dont certains initiés ou financés en partie par des laboratoires pharmaceutiques. Dans un premier entretien, le Dr Marie-Stéphane Nguessan et le Dr Mohamadou Niang expliquent le contexte de cette prévention en Afrique sub-saharienne. Dans le suivant, le Dr Joseph Saba et Marie-Hélène Besson expliquent comment ils mettent en oeuvre le programme de don d’un médicament, la névirapine, dans ce continent, pour les laboratoires Boehringer Ingelheim. Ci-dessous, petite introduction pour situer le problème.

Fin 2007, plus de 33 millions de personnes étaient infectées par le virus du sida (VIH : virus de l’immunodéficience acquise humaine), dont les deux tiers en Afrique sub-saharienne. C’est considérable, mais c’est moins que ce qui avait été prévu. La raison majeure de ce progrès est la mobilisation internationale contre la pandémie, se traduisant notamment par des financements en très nette augmentation et la décision des grands laboratoires pharmaceutiques de faciliter l’accès à leurs médicaments contre le VIH. Ce sont les laboratoires Boehringer Ingelheim qui ont initié celle-ci, en 2000, avec le lancement d’un programme de mise à disposition de leur antirétroviral, la névirapine (Viramune®).
La névirapine entre dans la composition de la plupart des trithérapies proposées en Afrique. Surtout, elle joue un rôle capital dans une des priorités de santé publique de ce continent : la prévention de la transmission mère-enfant (PTME) du virus. En effet, sans intervention, plus du tiers des nouveaux-nés sont contaminés par leur mère.
Les recommandations OMS 2006 pour la PTME
Schématiquement, l’utilisation de la névirapine répond à 2 situations possibles :
l’état de santé de la femme nécessite une trithérapie pendant la grossesse ; celle-ci est réalisée au mieux par des combinaisons fixes en un seul comprimé (administré deux fois par jour) d’antirétroviraux dont l’un est le plus souvent de la névirapine (génériquée ou non) ;
l’état de santé de la femme ne nécessite pas une trithérapie pendant toute la grossesse, mais une prévention de la transmission mère-enfant ; celle-ci est réalisée au mieux par une trithérapie débutant au début du troisième trimestre de grossesse et se poursuivant pendant un mois après l’accouchement ;
dans tous les cas, l’enfant reçoit une dose de névirapine en suspension.
Quand seule la névirapine (Viramune®) est disponible, ce qui reste une situation fréquente, l’OMS (recommandations 2006) préconise l’administration d’une dose unique à la mère (comprimé) et à l’enfant (suspension buvable), bien qu’elle soit loin d’être optimale (40 % de diminution des cas de transmission). Cette recommandation fait actuellement l’objet de discussions entre experts.
Les programmes de Boehringer-Ingelheim
Boehringer-Ingelheim a cédé sa licence de fabrication de névirapine à certains laboratoires, qui intègrent la molécule dans des combinaisons fixes de trithérapie.
Dans le cadre de la PTME, la névirapine est fournie gratuitement pour la mère et pour l’enfant. De plus, la névirapine pour l’enfant est fournie avec une seringue permettant le dosage précis du produit, enveloppée dans une pochette aluminium en garantissant une protection efficace.
La névirapine (Viramune®) est vendue à des tarifs préférentiels aux pays à revenus faibles ou intermédiaires.
Plateforme Accesstotreatment
Programme de don de la Viramune®
Photo : Paris © serge cannasse
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