Les forçats du légume
mai 2008, par serge cannasse 
Manger des fruits et des légumes, c’est bon pour la santé. Les faire pousser, c’est parfois une autre affaire. Christophe Chammartin s’est intéressé aux "esclaves contemporains" qui les produisent dans la région d’Almeria, à l’extrême sud de l’Espagne, dans des conditions souvent inhumaines. Son reportage photo a été récompensé par la Bourse du Talent.

Extraits de sa présentation (sur
Photographie.com
).
" Les près de 40 000 hectares de cultures sous plastique, le pompage des nappes phréatiques, un fort ensoleillement et l’usage acharné d’engrais et de pesticides permettent aux agriculteurs andalous de produire aujourd’hui plus de 3 millions de tonnes de fruits et légumes par année. ce système permet de nourrir une grande partie de l’Europe entre septembre et mai.
Plus de 100 000 migrant(e)s en provenance du Maghreb, d’Afrique Subsaharienne mais aussi d’Europe de l’Est ou d’Amérique Latine, accourent dans la province avec en tête le mythe de l’eldorado occidental. Près de la moitié d’entre eux n’ont pas de permis de travail ou de résidence.

Ils logent entassés dans des petits garages, des entrepôts humides et borgnes, des ruines recouvertes de plastique ou tout simplement dans de vieilles cabanes faites de déchets de serres. Les conditions sont insalubres. Il n’y a pas de toilette, pas d’eau potable, pas de ramassage d’ordures et pas d’égout. Si les locaux sont alimentés par l’électricité, le propriétaire en profite volontiers pour les louer plusieurs dizaines, voire centaines d’euros. Eloignés des accès aux transports publics, des moyens de communication, ces hommes vivent un double isolement, isolés à l’intérieur de la société espagnole et isolés à des centaines de kilomètres de leur femme et de leurs enfants. Ces esclaves contemporains ne sont plus que l’ultime variable économique ajustable afin de comprimer encore un peu les coûts de productions de nos légumes hivernaux."

Pour voir un second reportage sur le même sujet, mais traité différemment :
L’eldorado sous plastique, par Emilien Cancet
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