Un camp de réfugiés aux portes de Paris
avril 2008, par serge cannasse 
Le site Sophot.com propose une série de reportages photos regroupés en dossiers pédagogiques pour faire découvrir de façon interactive la photographie et les problèmes sociaux et d’environnement. Plus spécialement destiné aux enseignants, chaque dossier présente en plus des images des informations sur le sujet, sur le photographe et sur la façon dont il a travaillé. Ce mois-ci, il s’agit d’un reportage de Diane Grimonet, réalisé en 2006, mais qui reste d’actualité...

Le site
Sophot.com
propose un " atelier pédagogique " autour du reportage de Diane Grimonet sur un camp de réfugiés établi pendant quelques mois de 2006 à Cachan, dans la proche banlieue parisienne. Voici quelques images et extraits de ce dossier, téléchargeable
ici
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" « Le 17 août 2006, à Cachan, la police évacue un ancien bâtiment du CROUS occupé par plus de 500 squatteurs, laissant à la rue des dizaines de familles. À l’invitation du maire PS, elles sont accueillies dans un gymnase de la ville. Entre 300 et 400 personnes ont campé dans une salle exiguë du gymnase avec de nombreux enfants dont certains nouveaux-nés. Après avoir vécu pendant deux mois dans le gymnase, et avoir été prises en otage d’une situation qui les dépasse, et dont les enjeux étaient très politiques, le 20 août 2006, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, déclare qu’il a « fait son devoir » en expulsant les quelque 500 occupants du squat de Cachan. Pendant deux mois de tractations fortement médiatisées, de violents débats à l’assemblée, d’interventions de nombreux responsables politiques, artistes, sportifs, associations, élus, syndicats et une partie de la population française dénoncent la « situation de détresse » dans laquelle ont été placées ces familles. Le 5 octobre 2006 un accord de principe est conclu pour le relogement des anciens squatteurs de Cachan. Le 12 octobre 2006, le gymnase est totalement évacué, les portes soudées et les occupants relogés dans des lieux provisoires.

Des gens entassés dans un même lieu, des matelas si proches qu’ils laissent à peine la place de passer, aucun endroit pour s’isoler, des conditions sanitaires déplorables, des enfants malades, traumatisés par les interventions des forces de l’ordre, des hommes et des femmes allant malgré tout travailler pour des salaires de misère, la peur au ventre de se faire arrêter par la police, dans le RER ou dans la ville. Des gens entassés dans un même lieu, des matelas si proches qu’ils laissent à peine la place de passer, aucun endroit pour s’isoler, des conditions sanitaires déplorables, des enfants malades, traumatisés par les interventions des forces de l’ordre, des hommes et des femmes allant malgré tout travailler pour des salaires de misère, la peur au ventre de se faire arrêter par la police, dans le RER ou dans la ville. En détruisant le peu de biens qu’ils possédaient, c’était toute leur vie en France que l’on avait brisée. »

