Usagers de drogue en Afghanistan
décembre 2007, par serge cannasse 
Avec 92 % de la production mondiale, l’Afghanistan est de loin le premier pays producteur d’opium. L’UNODC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) estime que 4 % des Afghans sont toxicomanes, soit plus d’un million de personnes. La plupart vivent en situation de précarité extrême et beaucoup ont une famille, des enfants. Un reportage de Sandra Calligaro.
C’est une situation effroyable que montrent les images de Sandra Calligaro et que décrivent ses textes : il y a peu de structures d’accueil, il n’y a quasiment aucun moyen de suivre les patients et la méthadone est interdite en Afghanistan, d’où un taux de rechutes de 90 % après une cure de désintoxication, explique t’elle. Les enfants respirant la poussière d’héroïne qu’inhalent leur parents, ils sont dépendants très tôt.
Voici deux images extraites de son reportage, montré au festival Visa pour l’Image de Perpignan en septembre 2007 (festival international considéré comme un des meilleurs au monde). On peut en voir un large extrait sur le
site de Photographie.com
.

"Abdul Qayoum fume son héroïne, devant deux de ses enfants, insouciants. Lui et sa femme sont des fumeurs quotidiens d’héroïne et, du fait de la promiscuité, ils vivent entassées dans cette pièce unique - leurs enfants sont déjà dépendants, à force de respirer la fumée. Le plus jeune a à peine trois ans. ils habitaient dans le camp de Cambar Square, à Kaboul, accueillant les anciens réfugiés afghans de retour au pays. Lui et sa femme, comme de nombreux afghans qui se sont exilés durant les années de conflits, ont commencé à fumer de l’héroïne en Iran, suivant les « conseil » d’un ami, ou incités par leur employeur, afin d’atténuer la fatigue et les douleurs physiques liées à la dureté du travail et de « doper » ainsi leur productivité."

"Behezad, 26 ans, gagné par le bien-être que procure de l’injection d’héroïne. Ancien militaire, il était venu à Kaboul dans le but de trouver un nouveau travail. Il n’ose pas avouer à sa famille son échec et sa toxicomanie."
Merci à Sandra pour avoir envoyé et légendé ces photos depuis Kaboul.
Sandra Calligaro +33 6 83 17 30 13
s.calligaro@gmail.com
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