Nous serons au moins trois...
Il est en effet hors de question de reconnaître par mon vote cet ordre qui ne servira à rien, si ce n’est à obliger les infirmiers à payer pour avoir le droit de travailler ! Je crois avoir déjà payé ma cotisation pour être infirmier : trois années d’études à temps plein sans autre aide que celle de ma famille (j’ai de la chance), et les remplacements d’aide-soignant les week-end et les nuits pour joindre les deux bouts. Aujourd’hui, je crois donner beaucoup pour ce travail que j’aime : heures supplémentaires, investissement personnel dans mon service et au sein de mon hôpital, travail dans des conditions de plus en plus précaires, et le tout sans me plaindre (jusqu’à ce jour...) Ma cotisation, je la paie tous les jours au travail et je l’accepte. Mais devoir verser de l’argent à des "pseudo-collègues" qui me diront si j’ai le droit de travailler ou non, qui se permettront de me juger le jour où je commettrais une faute, alors que je serais déjà passé devant ma direction et les tribunaux compétents, ça écorche mon amour de la profession.
Payer pour la constitution d’une "instance" qui réfléchira autour d’un bon repas à la rédaction d’un code de déontologie de notre profession me fait plus mal encore : comment croire que les gens qui sont (eux) tous les jours auprès des patients, n’ont pas déjà une déontologie ? Quelle insulte pour tous les professionnels de santé.
Aussi, s’il est certain que je ne voterai pas, est-il est fort possible que je ne paierai pas non plus cette cotisation, aussi minime soit-elle. Si je suis seul, ce sera un problème pour moi (encore que n’ayant pas les deux pieds dans le même sabot, je saurais m’en sortir). Si nous ne sommes que trois (ce dont je doute), nous pourrons toujours monter un groupe de musique (je joue un peu de pipeau, connaîs trois accords de guitare et j’ai conservé quelque part au grenier mon orgue Bontempi...)
Si nous sommmes plusieurs milliers à ne pas voter, certes, ce sera un premier camouflet pour cet ordre (l’ordre, toujours l’ordre, que rien ne dépasse surtout !)
Mais si nous sommes toujours des milliers à ne pas payer, que vont-ils nous faire ces gens que nous n’aurons pas élus ? Nous mettre une fessée ? Que vont faire nos employeurs, nous virer ?
Je suis sûr que je ne voterai pas, mais je crois que je ne paierai pas non plus.
J’ai répondu à cet article, chose que je n’aurais pas fait il-y-a quelques annnées. Je fais aujourd’hui partie d’un collectif de soignants qui se bat pour la préservation de la qualité des soins dans son hôpital (Centre Hospitalier de Gap/Sisteron) mise à mal, comme dans tous les hôpitaux publics de France, ça non plus je ne l’avais jamais fait. Alors que m’arrive-t-il ? Que nous arrive t-il, car nous sommes nombreux à l’ouvrir aujourd’hui ? Un vent soudain d’indignation soulèverait-il nos consciences professionnelles ? Je l’espère. Et si l’expression de cette indignation doit se manifester par la désobéissance, j’y suis prêt !
Olivier, Infirmier aux urgences du Centre Hospitalier InterCommunal des Alpes du Sud, site de Gap (05)
lesmarmottes05@aol.com
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