Bonjour
J’ai lu avec intérêt l’article de Patrick Zylberman, pensant trouver un article objectif et dépassionné sur la vaccination.
Je dois dire que j’ai été un peu surpris...
Tout d’abord, à propos de la vaccination contre la variole, il écrit "Par exemple, un facteur que l’on peut qualifier d’anthropologique, qui a existé dès les débuts de la vaccination, au 18ème siècle, avec la vaccine de Jenner, et qui n’a pas changé : la crainte d’introduire dans son corps un élément dangereux supposé protéger contre une maladie dont on ne sera peut-être jamais atteint." C’est un raccourci audacieux. En fait, la vaccination inventée par Jenner faisait suite à la "variolisation" dont le résultat désastreux avait frappé durablement les esprits. Cette crainte était donc parfaitement rationnelle. Jenner a du faire ses preuves auprès d’un public échaudé.
Il écrit également "Dans les dernières années, les pouvoirs publics ont donné des signaux négatifs sur la vaccination. Je pense que la levée de l’obligation vaccinale par le BCG (en 2007) a été à cet égard une erreur. En se contentant de la recommander seulement pour certains groupes cibles, les pouvoirs publics ont laissé s’installer un doute sur l’utilité de la vaccination d’une manière générale."
Faut-il rappeler que même pour l’OMS, la vaccination par le BCG n’a aucune place dans la prévention de la tuberculose ? Ce vaccin n’est quasiment plus pratiqué qu’en France, une sorte de Rafale de la vaccination.
Enfin, il écrit "Elle est associée à une délégitimation de l’expertise et à une très grande défiance à l’égard de la science. Autrefois, celle-ci était synonyme de progrès. Aujourd’hui, il lui est demandé de prouver en quoi elle est utile, voire de prouver en quoi elle est vraie. Depuis les grands scandales sanitaires (sang contaminé, hormone de croissance, etc), la médecine est perçue comme une source de dangers, et ce d’autant plus que la défiance est grande vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique, accusée d’acheter les experts. Avec la grippe A/H1N1, ce phénomène a été accentué par la nouveauté des vaccins : est-ce qu’ils ont bien été testés ? est-ce qu’ils n’ont pas été fabriqués trop rapidement ? et ainsi de suite.
Cette montée de l’irrationnel est inquiétante. "
La dernière phrase n’est pas cohérente. Tout montre que la délégitimation de l’expertise est parfaitement rationnelle et fondée, comme le montrent les diverses commissions d’enquêtes en cours.
Enfin, le point Godwin est quasiment atteint à la fin de l’article.
Pour terminer, la dernière phrase nous apprend que cet article est issu d’un numéro spécial financé par l’industrie pharmaceutique.
Une sorte de question de cours finalement.
Répondre à ce message